La musique révèle les notes du vin

On savait que la musique adoucissait les moeurs. Mais qui eût cru qu’elle rendait le vin meilleur ? D’après une étude récente publiée dans le British Journal of Psychology, la musique écoutée pendant la dégustation aurait en effet un impact déterminant sur le goût du vin. Une impro de Keith Jarrett transformerait donc la pire des piquettes en grand cru ? Heureusement, l’étude ne tombe pas dans ce type de caricature. Réalisée par le professeur Adrian North de l’université de Heriot-Watt à Édimbourg sur plus de 250 personnes, l’expérience montre à quel point les caractéristiques – rythme, volume, mélodie, genre musical – d’un morceau influent sur notre palais.

Le principe est simple. On donne aux testeurs un verre de cabernet sauvignon 2005 et un verre de chardonnay chilien. Puis, pendant une quinzaine de minutes, on leur fait écouter un morceau sélectionné pour sa singularité rythmique. À un premier groupe,Carmina Burana, tube de Carl Orff qualifié de « lourd et puissant », à un second, La valse des fleurs, extrait raffiné d’un ballet de Tchaïkovski, au troisième le rafraîchissant Just Can’t Get Enough de Nouvelle Vague. Enfin, au quatrième groupe, le suave Slow Breakdown de Michael Brook. Pendant ce temps, un dernier groupe déguste les deux verres sans musique.

Après les quelques minutes d’écoute, les résultats sont édifiants. Ceux à qui Adrian North a passé le morceau de Carmina Burana trouvent à l’unanimité que les deux vins sont puissants à l’attaque, alors que, pour ceux qui ont écouté Michael Brook en premier, ils paraissent doux et légers. « Les résultats indiquent que la fonction symbolique d’une stimulation auditive peut influencer la perception d’autres modalités. Les participants semblent goûter le vin d’une manière cohérente avec les connotations musicales », souligne le chercheur. Et le Time de s’inquiéter : est-ce à dire qu’il ne faut pas boire de vin dans un restaurant où la musique est horrible, sous peine de le trouver mauvais ? Au contraire, affirme l’hebdomadaire américain, buvons tant et plus pour oublier les morceaux qui passent… Mélomanes, à vos bouteilles !